Le premier magicien mentionné dans les écrits (Papyrus de Westcar conservé au musée d’art égyptien de Berlin-Charlottenburg) est égyptien, il s’appelait Dedi de Dedsnefru, était magicien de la Cour du Pharaon Kheops et a vécu environ en 2700 avant J.C. (il décapitait une oie, un canard et un bœuf et… leur rendait leurs têtes).
Les prêtres égyptiens utilisaient des techniques de mécanique et de physique pour simuler des dons surnaturels, par exemple, l’ouverture automatique des portes des temples.

Bien plus tard s’est développée la magie du spectacle : un des tours de prestidigitation les plus anciens est le fameux tour des balles et des gobelets (il a résisté vaillamment à l’épreuve du temps). Les tours de pièces, de dés, puis plus tard de cartes (au 14 ème siècle pour ces dernières) ne sont apparus qu’au Moyen-Age et complétaient les numéros de jonglerie, de dressage et d’acrobaties sur les places publiques, dans les fêtes ou chez les riches.

Mais à la fin de cette période de tours de passe-passe, les magiciens sont soupçonnés de sorcellerie, de commerce avec le diable… et sont condamnés à mort.
La distinction entre tours d’adresse et sorcellerie ne se fait qu’à partir de 1584, quand un anglais (Reginald Scot) publie un livre intitulé « The Discoverie of Witchcraft » (dans lequel il dévoile de nombreuses passes) dans le but de convaincre le roi d’’Ecosse (Jacques I) qu’il était injuste de condamner des artistes.
En France, un livre est publié aussi la même année : « La première partie des subtiles et plaisantes inventions » par J. Prevost. Ces livres dévoilant les secrets pour la bonne cause annoncent le début de la substitution du terme de « physique amusante » à celui de « magie » (qui était un mot équivoque qu’on apparentait à la sorcellerie, beaucoup d’illusionnistes prendront ainsi le titre de « physicien ».goblet-magie-jean baptiste clement-close up magicien

Avant d’être un divertissement, la prestidigitation a servi à matérialiser le divin et s’est assimilée à la magie noire, tandis qu’elle s’est peu à peu affirmée magie blanche pour s’éloigner des bûchers. Sa pratique a longtemps profité aux sorciers mais les a aussi souvent conduits à être poursuivis par l’Inquisition. C’est d’ailleurs dans le but de démystifier les procédés employés par les escamoteurs et autres faiseurs de tours en vue de leur éviter le bûcher, que Reginald Scot (1538-1599) publia en 1584 The Discoverie of Witchcraft (La Sorcellerie dévoilée). Ironiquement, cet ouvrage est rapidement devenu un manuel d’apprentissage pour les prestidigitateurs débutants de l’époque.

Aujourd’hui encore, elle est parfois utilisée à des desseins peu avouables, pour tromper le quidam à un jeu d’argent comme le poker dans certains cercles ou le bonneteau à la sauvette, pour fanatiser des membres de sectes ou pour établir son ascendant sur une personne et en tirer profit.

On affirme que le mentalisme fait partie intégrante du monde de la magie parce qu’ils partagent des techniques communes, des trucs. Les mathématiques y jouent d’ailleurs un rôle essentiel. En effet, les mentalistes ne sont pas des voyants. Ils ne revendiquent aucun don surnaturel, bien au contraire. Pourtant ils parviennent à pénétrer et manipuler nos pensées. Comment ?

magicien mentalisme jean baptiste clementAujourd’hui, le mentalisme cherche à se passer de plus en plus des trucages qui l’affilient à la magie traditionnelle. Pour donner une meilleure illusion, les mentalistes ne cherchent pas les secrets magiques dans des livres oubliés mais plutôt dans des manuels de neurosciences. Pourquoi ? Parce que c’est en comprenant mieux l’esprit humain que l’on peut mieux mettre au point des techniques capables de l’influencer. Les neurosciences et la psychologie permettent de mettre en avant des « failles psychologiques », les mentalistes s’en servent pour mieux les exploiter et être plus convaincants. magicien mentaliste jean baptiste clement

Le mentalisme en s’interrogeant sur les systèmes psychologiques pose également de nouvelles questions sur les rapports que nous entretenons avec la magie. Par exemple, qu’est-ce qui nous fascine réellement dans le tour de la femme sciée ? Est-ce la prouesse technique que nous ne comprenons pas ou plutôt l’exposition de la métaphore de l’invulnérabilité ?

La magie nous émerveille aussi et surtout pour tous les fantasmes inconscients auxquels elle fait constamment appel.

Jean-Baptiste CLEMENT fait parti des rares magiciens en France à pratiquer du mentalisme en close-up de type cocktail ou table à table. Cette discipline de la magie étant plus régulièrement réservé à scène, car elle impose des contraintes techniques, que Jean-Baptiste CLEMENT a su adapter au close-up.